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Fiscalité immobilière

Fiscalité immobilière : tous les impôts liés à votre bien immobilier en 2026

Fiscalité immobilière 2026 : revenus fonciers, plus-value, IFI, taxe foncière, LMNP, SCI. Comprendre chaque impôt pour optimiser votre investissement

Guillaume SimonGuillaume Simon 20 min de lecture
🏠 Fiscalité Immobilière 7 choses à savoir

La fiscalité immobilière en 2026 englobe tous les impôts liés à un bien : droits de mutation à l'achat, imposition des revenus locatifs, IFI et taxe foncière durant la détention, et taxation de la plus-value à la revente (19% d'IR et 17,2% de prélèvements sociaux). Chaque étape du cycle de vie du bien est fiscalisée.

La fiscalité immobilière en 2026 encadre l'ensemble des impôts, taxes et prélèvements qui s'appliquent à un bien immobilier tout au long de son cycle de vie. De son acquisition à sa transmission, en passant par sa détention et sa location, chaque étape est soumise à des règles précises définies par le Code Général des Impôts (CGI). Maîtriser ces impôts est indispensable pour tout investisseur souhaitant sécuriser et optimiser la rentabilité de son patrimoine. Ce guide détaille chaque impôt pour vous permettre de prendre des décisions éclairées.

Ce que couvre vraiment la fiscalité immobilière

La fiscalité immobilière désigne la totalité des règles fiscales applicables aux biens immobiliers. Elle ne se résume pas à un seul impôt, mais constitue un ensemble complexe de taxes et de prélèvements qui jalonnent la vie d'un bien, de son achat à sa revente ou sa transmission. Le cadre légal principal qui régit ces impôts est le Code Général des Impôts (CGI), complété par les lois de finances annuelles et la doctrine administrative publiée au Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFiP).

Comprendre ce périmètre est la première étape pour tout investisseur. La fiscalité impacte directement le coût d'acquisition, la rentabilité locative nette, le gain réalisé lors de la revente et le montant transmis à ses héritiers. Chaque décision, comme le choix du mode de location (nue ou meublée) ou la structure de détention (en nom propre ou via une SCI), a des conséquences fiscales directes qu'il faut anticiper.

Les grandes familles d'impôts liés à l'immobilier

On peut classer les impôts immobiliers en quatre grandes catégories, correspondant chacune à une étape de la vie du patrimoine :

  • Les impôts à l'acquisition : Ce sont les taxes payées une seule fois, lors de l'achat. Il s'agit principalement des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) pour un bien ancien, ou de la TVA pour un bien neuf.
  • Les impôts sur la détention et les revenus : Payés annuellement, ils concernent à la fois la propriété et les revenus générés. On y trouve la taxe foncière, l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) pour les patrimoines les plus importants, et bien sûr l'impôt sur les revenus locatifs (revenus fonciers ou bénéfices industriels et commerciaux).
  • L'impôt sur la cession : Il est dû lors de la vente du bien. Il s'agit de l'impôt sur la plus-value immobilière, qui taxe l'enrichissement réalisé entre le prix d'achat et le prix de vente.
  • Les impôts sur la transmission : Ils s'appliquent lors d'une donation ou d'une succession et sont connus sous le nom de droits de mutation à titre gratuit.

Qui est redevable et quand ?

Le redevable de l'impôt, c'est-à-dire la personne qui doit le payer, varie selon la nature de la taxe :

  • L'acquéreur paie les droits de mutation (ou la TVA) au moment de la signature de l'acte authentique chez le notaire.
  • Le propriétaire au 1er janvier de l'année est redevable de la taxe foncière et, s'il y est assujetti, de l'IFI. S'il est bailleur, il est également le redevable de l'impôt sur les revenus locatifs qu'il perçoit.
  • Le vendeur est redevable de l'impôt sur la plus-value immobilière, prélevé directement par le notaire sur le prix de vente.
  • Les héritiers ou donataires (ceux qui reçoivent le bien) sont redevables des droits de succession ou de donation.

Chaque impôt a son propre fait générateur, son calendrier et ses modalités de déclaration, qu'il est essentiel de connaître pour éviter pénalités et retards. Pour en savoir plus sur les déclarations, vous pouvez consulter notre guide sur comment déclarer votre bien immobilier aux impôts.

Fiscalité à l'acquisition : droits de mutation et TVA

L'achat d'un bien immobilier est le premier fait générateur d'impôt. La fiscalité à ce stade dépend crucialement de la nature du bien : neuf ou ancien. Cette distinction modifie la structure des frais d'acquisition, communément mais improprement appelés "frais de notaire", qui sont en réalité majoritairement composés de taxes reversées à l'État et aux collectivités.

Le tableau ci-dessous résume les différences fiscales fondamentales entre l'acquisition dans le neuf et l'ancien.

CaractéristiqueImmobilier AncienImmobilier Neuf
Taxe principaleDroits de Mutation (DMTO)TVA
Taux moyen~5,8 % du prix de vente20 % du prix de vente (inclus dans le prix affiché)
Autres taxesTaxe de publicité foncièreDroits de mutation réduits (~0,715 %)
Total taxes & fraisEnviron 7-8 % du prixEnviron 2-3 % du prix (hors TVA déjà incluse)

Droits de mutation à titre onéreux (DMTO) : ancien vs neuf

Les Droits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO) constituent la part la plus importante des "frais de notaire" dans l'ancien. Ils sont perçus par le notaire pour le compte de l'État et des collectivités locales (département et commune) lors de chaque vente. Le taux global s'élève le plus souvent à 5,80 % du prix d'achat dans la majorité des départements.

Dans l'immobilier neuf (un logement jamais habité ou achevé depuis moins de 5 ans), l'acquéreur ne paie pas les DMTO au taux plein. La vente étant soumise à la TVA, les droits de mutation sont très fortement réduits, à environ 0,715 % du prix hors taxe. Cette différence explique pourquoi les "frais de notaire" sont beaucoup plus faibles dans le neuf que dans l'ancien.

TVA immobilière : quand s'applique-t-elle ?

La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA) immobilière s'applique principalement aux acquisitions de logements neufs, qu'il s'agisse d'une vente en l'état futur d'achèvement (VEFA) ou d'un logement tout juste construit. Le taux normal est de 20 %. Ce montant est directement inclus dans le prix de vente payé par l'acheteur au promoteur.

Dans certaines conditions spécifiques, un taux de TVA réduit à 5,5 % peut s'appliquer. C'est le cas pour l'achat d'une résidence principale neuve située dans une zone d'aménagement et de rénovation urbaine (ANRU) ou un Quartier Prioritaire de la Politique de la Ville (QPV), sous conditions de ressources de l'acquéreur. Cette mesure vise à favoriser l'accession à la propriété dans ces secteurs.

Le rôle du conservateur des hypothèques et des formalités d'enregistrement

Le service de la publicité foncière (anciennement conservation des hypothèques) est l'administration fiscale qui enregistre les changements de propriété des biens immobiliers. Le notaire, en tant qu'officier public, a l'obligation d'y publier l'acte de vente. C'est lors de cette formalité, appelée "formalité fusionnée", que les taxes sont officiellement liquidées et collectées.

Selon la documentation du BOFiP (Bulletin Officiel des Finances Publiques), le rôle du service de la publicité foncière est donc double. Il assure la sécurité juridique des transactions en rendant le transfert de propriété opposable à tous, et il joue un rôle fiscal essentiel en assurant la perception des droits de mutation et autres taxes liées à la transaction pour le compte du Trésor Public.

L'essentiel

  • La fiscalité immobilière intervient à 4 moments clés : l'acquisition (droits de mutation), la détention (impôt sur les revenus locatifs, IFI, taxe foncière), la cession (impôt sur la plus-value) et la transmission (droits de succession/donation).
  • La plus-value immobilière est taxée à un taux forfaitaire de 19 % au titre de l'impôt sur le revenu, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux.
  • Le statut LMNP (Loueur Meublé Non Professionnel) au régime réel permet de déduire l'amortissement du bien et du mobilier, réduisant ainsi considérablement l'assiette taxable.
  • La Loi n°2026-103 du 19 février 2026 ajuste certaines règles de la fiscalité locative, et un durcissement de la taxe sur les logements vacants est prévu pour 2027.
  • Le choix entre les régimes d'imposition (micro ou réel) pour les revenus locatifs est une décision stratégique qui doit être évaluée chaque année en fonction de vos charges réelles.

Fiscalité des revenus locatifs : régimes micro et réel

Une fois propriétaire, si vous mettez votre bien en location, les loyers perçus constituent des revenus qui doivent être déclarés et sont soumis à l'impôt sur le revenu (IR) ainsi qu'aux prélèvements sociaux. La méthode d'imposition dépend d'un choix fondamental : louer nu (non meublé) ou meublé. Cette décision conditionne le régime fiscal applicable, qui peut être soit un régime forfaitaire (micro), soit un régime au réel.

Le régime micro (micro-foncier ou micro-BIC) est le plus simple : l'administration applique un abattement forfaitaire sur vos recettes brutes pour tenir compte de vos charges. Le régime réel, plus complexe, permet de déduire l'ensemble de vos charges pour leur montant exact. Le choix entre ces deux options est une décision de gestion cruciale pour optimiser la fiscalité de l'immobilier locatif en 2026.

Location nue : revenus fonciers et charges déductibles

En location nue, les loyers sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers.

  • Le régime micro-foncier : Il s'applique de plein droit si vos revenus locatifs bruts annuels sont inférieurs à 15 000 €. Vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 30 %. Vous êtes donc imposé sur 70 % de vos recettes. C'est simple, mais pas toujours optimal.
  • Le régime réel : Obligatoire au-delà de 15 000 € de recettes, il peut être choisi en dessous (option irrévocable pour 3 ans). Il permet de déduire de vos loyers l'ensemble des charges supportées : les intérêts d'emprunt, la taxe foncière, les primes d'assurance, les frais de gestion, les charges de copropriété non récupérables et les dépenses de travaux (entretien, réparation, amélioration). Si vos charges dépassent 30 % de vos loyers, le régime réel est plus avantageux.

Statut LMNP : amortissements et régime réel BIC

La location meublée, notamment sous le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP), relève de la catégorie des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC).

  • Le régime micro-BIC : Il s'applique si vos recettes annuelles sont inférieures à 77 700 €. L'abattement forfaitaire est de 50 % (ou 71 % pour les meublés de tourisme classés). Vous êtes donc imposé sur la moitié de vos recettes.
  • Le régime réel BIC : C'est souvent le plus intéressant. En plus de toutes les charges déductibles de la location nue, le régime réel BIC permet de déduire l'amortissement du bien immobilier lui-même (hors terrain), du mobilier et des gros travaux. L'amortissement est une charge comptable non décaissée qui représente la perte de valeur du bien due à l'usure et au temps. Il permet très souvent de réduire le résultat fiscal à zéro et donc de ne pas payer d'impôt sur les loyers pendant de nombreuses années.

Erreur courante : choisir le micro sans simuler le réel

⚠️ Attention : L'erreur la plus fréquente pour un investisseur débutant est de rester au régime micro par simplicité, sans avoir calculé ce que le régime réel lui coûterait vraiment. C'est particulièrement vrai la première année d'un investissement à crédit, où les intérêts d'emprunt et les frais divers sont très élevés.

Prenons un exemple simple : un bien loué nu 10 000 € par an, avec 5 000 € de charges réelles (intérêts, taxe foncière, assurances).

  • En micro-foncier : L'investisseur sera imposé sur 10 000 € x 70 % = 7 000 €.
  • En régime réel : Il sera imposé sur 10 000 € - 5 000 € = 5 000 €. L'option pour le réel doit être exercée avant la date limite de dépôt de la déclaration de revenus. Un oubli peut coûter cher et ne peut être corrigé rétroactivement. Il est donc indispensable de simuler chaque année le régime le plus favorable.

Fiscalité immobilière locative 2026 : nouveautés et logements vacants

Le cadre fiscal de l'immobilier n'est pas figé. Chaque année, la loi de finances peut apporter des modifications. En 2026, les investisseurs doivent prendre en compte les dispositions issues de la Loi n°2026-103, ainsi que les évolutions concernant la taxation des logements inoccupés.

Ces ajustements visent souvent à répondre à des enjeux de politique du logement, comme la lutte contre la vacance dans les zones tendues ou l'incitation à la rénovation énergétique. Pour un investisseur, rester informé de ces nouveautés est crucial pour adapter sa stratégie et se conformer à ses obligations. Selon les textes en vigueur à la date de publication de cet article, voici les principaux points à surveiller.

Loi n°2026-103 : ce qui change concrètement

Promulguée le 19 février 2026, la Loi n°2026-103 a introduit plusieurs ajustements en matière de fiscalité immobilière locative. D'après une analyse du Crédit Agricole e-immobilier (février 2026), cette loi modifie certaines conditions liées aux dispositifs de défiscalisation et aux modalités de déclaration.

Bien que les décrets d'application soient encore attendus pour préciser certains points, cette loi impacte notamment les critères d'éligibilité pour certains avantages fiscaux liés à la performance énergétique des logements mis en location. Les investisseurs qui prévoyaient des opérations de défiscalisation doivent donc vérifier que leur projet reste conforme au nouveau cadre légal pour sécuriser leur avantage fiscal.

Taxe sur les logements vacants : durcissement prévu en 2027

Face à la crise du logement, le gouvernement entend renforcer les outils de lutte contre les logements laissés volontairement inoccupés. Selon une information de Boursorama (juillet 2026), un durcissement de la Taxe sur les Logements Vacants (TLV) est prévu pour 2027.

Cette taxe, qui ne s'applique que dans les "zones tendues", pourrait voir son taux augmenter et son périmètre géographique élargi. Pour les propriétaires de biens vacants depuis plus d'un an dans ces zones, l'impact financier pourrait devenir significatif. Cette mesure vise à les inciter fortement à remettre leurs biens sur le marché locatif pour augmenter l'offre de logements disponibles.

Plus-value immobilière : calcul, abattements et exonérations

Lorsque vous vendez un bien immobilier (autre que votre résidence principale) avec un profit, la différence entre le prix de vente et le prix d'acquisition constitue une plus-value. Cette plus-value est considérée comme un revenu du patrimoine et est soumise à l'impôt. Son calcul est encadré et prend en compte la durée de détention du bien, qui ouvre droit à des abattements progressifs.

La déclaration de cette plus-value et le paiement de l'impôt correspondant sont effectués par le notaire au moment de la vente, via le formulaire 2048. Le montant est directement prélevé sur le prix de vente, ce qui garantit le recouvrement de l'impôt pour l'État.

Taux d'imposition et prélèvements sociaux sur la plus-value

La plus-value immobilière nette (après abattements) est soumise à un double prélèvement :

  • L'impôt sur le revenu (IR) au taux forfaitaire de 19 %. Ce taux est fixe, quel que soit votre tranche marginale d'imposition pour vos autres revenus.
  • Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, etc.), dont le taux global s'élève à 17,2 %.

Le taux d'imposition global sur la plus-value immobilière est donc de 36,2 %. Une taxe supplémentaire sur les plus-values élevées (supérieures à 50 000 €) peut également s'appliquer, avec un taux variant de 2 % à 6 %. Ces chiffres proviennent de sources concordantes comme lafinancepourtous.com et le BOFiP.

Abattements pour durée de détention : le tableau clé

Pour atténuer l'imposition, le système fiscal prévoit un abattement progressif en fonction du nombre d'années de détention du bien au-delà de la cinquième année. Cet abattement ne s'applique pas au même rythme pour l'impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.

  • Pour l'impôt sur le revenu (19 %) : l'exonération totale est atteinte après 22 ans de détention.
  • Pour les prélèvements sociaux (17,2 %) : l'exonération totale est plus longue à obtenir, elle est atteinte après 30 ans de détention.

Chaque année de détention à partir de la 6ème réduit donc la base imposable. Pour connaître le taux d'abattement exact année par année, vous pouvez consulter le tableau des abattements pour durée de détention complet.

Cas pratique : calcul de la plus-value nette pour un bien détenu 12 ans

💡 Prenons un cas concret : un appartement acheté 200 000 € en septembre 2014, pour lequel 15 000 € de travaux d'amélioration ont été réalisés (factures à l'appui). Il est revendu 300 000 € en septembre 2026, soit après 12 ans de détention.

  1. Prix d'acquisition corrigé : 200 000 € (prix) + 7,5% de frais forfaitaires (ou frais réels) soit 15 000 € + 15 000 € (travaux) = 230 000 €.
  2. Plus-value brute : 300 000 € (prix de vente) - 230 000 € = 70 000 €.
  3. Calcul de l'abattement pour 12 ans de détention :
    • Pour l'IR (19%) : l'abattement est de 6% par an de la 6ème à la 12ème année (7 ans). Soit 7 x 6% = 42%.
    • Pour les PS (17,2%) : l'abattement est de 1,65% par an de la 6ème à la 12ème année. Soit 7 x 1,65% = 11,55%.
  4. Plus-value nette imposable :
    • Base IR : 70 000 € - (70 000 € x 42%) = 40 600 €.
    • Base PS : 70 000 € - (70 000 € x 11,55%) = 61 915 €.
  5. Impôt total dû : (40 600 € x 19%) + (61 915 € x 17,2%) = 7 714 € + 10 649 € = 18 363 €.

Cet exemple illustre l'importance de bien conserver tous les justificatifs de travaux pour réduire l'impôt final. Pour plus de détails, consultez notre article sur l'abattement pour durée de détention sur la plus-value immobilière.

Exonérations : résidence principale et autres cas

Le cas d'exonération le plus connu est celui de la résidence principale. La plus-value réalisée lors de la vente de son domicile est totalement exonérée d'impôt, à condition que le bien ait bien constitué la résidence principale effective et habituelle du vendeur jusqu'au moment de la vente.

D'autres cas d'exonération existent, mais sont plus spécifiques :

  • La première cession d'un logement autre que la résidence principale, sous condition de ne pas avoir été propriétaire de sa résidence principale au cours des 4 années précédentes et de réemployer le prix de vente dans l'acquisition de sa résidence principale dans un délai de 24 mois.
  • Les ventes dont le prix est inférieur ou égal à 15 000 €.
  • L'exonération pour les personnes âgées ou invalides sous conditions de ressources.

IFI, taxe foncière et impôts locaux à ne pas oublier

Au-delà de l'impôt sur les revenus locatifs, la simple détention d'un patrimoine immobilier entraîne le paiement d'impôts annuels. Les deux principaux sont l'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) pour les patrimoines les plus conséquents, et la taxe foncière, qui concerne tous les propriétaires.

Ces impôts locaux sont essentiels au financement des collectivités territoriales (communes, départements). Leur calcul et leur montant peuvent varier fortement d'une commune à l'autre, en fonction des taux votés par les élus locaux. Il est donc important de les anticiper dans le calcul de la rentabilité d'un investissement.

IFI : qui est concerné et comment le calculer ?

L'Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) a remplacé l'ISF en 2018. Il ne concerne que les contribuables dont le patrimoine immobilier net est supérieur à 1,3 million d'euros au 1er janvier de l'année d'imposition.

L'assiette de l'IFI comprend tous les biens et droits immobiliers détenus directement ou indirectement par le foyer fiscal (maisons, appartements, terrains, parts de SCI, etc.). La résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 % sur sa valeur. Les biens immobiliers affectés à l'activité professionnelle du redevable sont, quant à eux, totalement exonérés. Le calcul de l'impôt se fait ensuite par application d'un barème progressif allant de 0,5 % à 1,5 %.

Taxe foncière : fonctionnement et déductibilité locative

La taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) est un impôt local dû chaque année par tous les propriétaires d'un bien immobilier au 1er janvier. Elle est calculée à partir de la valeur locative cadastrale du bien, une valeur théorique fixée par l'administration fiscale, à laquelle la collectivité locale applique un taux d'imposition.

Pour un investisseur locatif, la taxe foncière (hors taxe d'enlèvement des ordures ménagères, qui est récupérable auprès du locataire) représente une charge importante. Cependant, dans le cadre du régime réel d'imposition des revenus locatifs (foncier ou BIC), le montant de la taxe foncière est une charge entièrement déductible, ce qui vient réduire le revenu imposable. Le débat sur son avenir est récurrent, vous pouvez en apprendre plus sur l'avenir de la taxe foncière en 2026.

SCI et démembrement : optimiser la fiscalité de votre patrimoine immobilier

Pour les investisseurs cherchant à optimiser la gestion et la transmission de leur patrimoine, des outils juridiques et fiscaux comme la Société Civile Immobilière (SCI) ou le démembrement de propriété offrent des solutions structurantes. Ces montages permettent d'adapter la fiscalité à une stratégie patrimoniale à long terme.

La SCI offre une grande souplesse de gestion et de transmission des parts, tandis que le démembrement (séparation de l'usufruit et de la nue-propriété) est un levier puissant pour anticiper sa succession en réduisant les droits de mutation à titre gratuit. Le choix de ces outils doit être mûrement réfléchi, car il engage l'investisseur sur le long terme. Pour une vision plus large, n'hésitez pas à consulter notre guide sur la stratégie patrimoniale immobilière.

SCI à l'IS vs SCI à l'IR : quel régime choisir ?

La création d'une Société Civile Immobilière (SCI) pour détenir un bien immobilier pose une question fiscale centrale : faut-il opter pour l'impôt sur le revenu (IR) ou l'impôt sur les sociétés (IS) ?

  • La SCI à l'IR (régime par défaut) est "transparente". Les bénéfices sont imposés directement entre les mains des associés, au prorata de leurs parts, dans la catégorie des revenus fonciers. La fiscalité de la plus-value à la revente est celle des particuliers, avec les abattements pour durée de détention. C'est un régime simple, adapté à la gestion d'un patrimoine familial peu complexe.
  • La SCI à l'IS (option irrévocable) est une entité fiscale à part entière. Elle est imposée sur ses bénéfices au taux de l'IS. Elle peut amortir le bien immobilier, ce qui réduit fortement son résultat imposable. En contrepartie, la plus-value à la revente est taxée au régime des plus-values professionnelles (sans abattement pour durée de détention) et la distribution de dividendes aux associés est doublement taxée (à l'IS puis à l'IR). Ce régime est souvent privilégié pour une stratégie de capitalisation à long terme.

Démembrement et transmission : fiscalité des droits de mutation à titre gratuit

Le démembrement de propriété consiste à scinder la pleine propriété d'un bien en deux droits distincts : l'usufruit (le droit d'utiliser le bien et d'en percevoir les revenus) et la nue-propriété (le droit de disposer du bien, c'est-à-dire le vendre, et d'en devenir plein propriétaire à l'extinction de l'usufruit).

C'est un outil majeur d'optimisation de la transmission. Des parents peuvent par exemple donner la nue-propriété d'un bien à leurs enfants tout en conservant l'usufruit. Les droits de donation sont alors calculés uniquement sur la valeur de la nue-propriété, qui est décotée en fonction de l'âge de l'usufruitier. Au décès des parents, l'usufruit s'éteint et les enfants deviennent pleins propriétaires sans aucun droit de succession supplémentaire à payer. C'est un moyen efficace de transmettre un patrimoine immobilier en réduisant la charge fiscale.

Tableau récapitulatif : fiscalité immobilière selon la situation

Pour vous aider à visualiser rapidement quel impôt s'applique à votre situation, voici un tableau synthétique qui résume les principaux cas de figure de la fiscalité immobilière.

SituationImpôt applicableRégime principalPoint de vigilance
Achat dans le neufTVA (20%) + Droits de mutation réduitsVente en l'état futur d'achèvement (VEFA)Vérifier l'éligibilité aux taux de TVA réduits (5,5%).
Achat dans l'ancienDroits de Mutation à Titre Onéreux (DMTO)Taux global d'environ 5,8 %Le budget d'acquisition doit inclure ces 7-8 % de frais.
Location nueImpôt sur le Revenu (Revenus Foncier) + PSMicro-foncier ou RéelToujours simuler le gain potentiel du régime réel.
Location meublée (LMNP)Impôt sur le Revenu (BIC) + PSMicro-BIC ou RéelLe régime réel permet l'amortissement comptable du bien.
Revente avec plus-valueImpôt sur la plus-value (19% IR + 17,2% PS)Abattement pour durée de détentionConserver toutes les factures de travaux éligibles.
Transmission (donation/succession)Droits de mutation à titre gratuitAbattements selon le lien de parentéAnticiper pour optimiser (donation, démembrement).

Sources

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions-réponses

Quelle fiscalité pour l'immobilier locatif ?

Les revenus de l'immobilier locatif sont soumis à l'impôt sur le revenu. Pour une location nue, vous déclarez des revenus fonciers (régime micro-foncier ou réel). Pour une location meublée (LMNP), ce sont des bénéfices industriels et commerciaux (micro-BIC ou réel), ce qui permet notamment d'amortir le bien pour réduire l'impôt. S'ajoutent les prélèvements sociaux et la taxe foncière.

Qu'est-ce qui change en 2026 pour l'immobilier ?

En 2026, la Loi n°2026-103 du 19 février 2026 (source : e-immobilier.credit-agricole.fr, 2026) a introduit de nouvelles dispositions pour l'investissement locatif. De plus, un durcissement de la taxe sur les logements vacants est attendu pour 2027 (Boursorama, 2026), ce qui incite les propriétaires à louer leurs biens inoccupés dans les zones tendues.

Quelle est la nouvelle taxe sur l'immobilier ?

Il n'y a pas de "nouvelle taxe" unique en 2026, mais plutôt des ajustements de la fiscalité existante. La principale nouveauté est l'application des dispositions de la Loi de finances n°2026-103. Par ailleurs, la taxe sur les logements vacants (TLV) et la taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) sont appliquées de manière plus stricte dans certaines communes pour lutter contre la pénurie de logements.

Quelle est la nouvelle loi de défiscalisation pour l'immobilier ?

La dernière grande loi de défiscalisation est la Loi n°2026-103 du 19 février 2026. Les dispositifs historiques comme Pinel ou Denormandie ont évolué ou ont pris fin. La fiscalité avantageuse du statut LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel), notamment via l'amortissement en régime réel, reste une stratégie de défiscalisation très utilisée par les investisseurs. Il est recommandé de consulter un professionnel pour analyser sa situation.