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Investissement immobilier

Caution pour un investissement immobilier locatif : toutes les garanties

Caution investissement immobilier locatif : dépôt de garantie, garant physique, Visale, GLI. Montants, règles légales et erreurs à éviter pour sécuriser

Guillaume SimonGuillaume Simon 19 min de lecture
Caution investissement immobilier locatif : guide complet
Investissement locatif : 5 erreurs à éviter pour reussir son investissement immobilier

La caution dans un investissement locatif recouvre deux mécanismes distincts : le dépôt de garantie versé par le locataire, plafonné à 1 mois de loyer hors charges en location nue et 2 mois en meublé, et le cautionnement de prêt souscrit par l'investisseur auprès d'un organisme financier, dont la commission s'élève entre 0,6 % et 0,8 % du capital emprunté (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Chaque mécanisme obéit à des règles propres.

La caution investissement immobilier locatif recouvre deux mécanismes que les investisseurs confondent régulièrement. D'un côté, le dépôt de garantie versé par le locataire à l'entrée dans les lieux. De l'autre, le cautionnement que l'investisseur souscrit auprès d'un organisme financier pour décrocher son crédit. Chaque mécanisme obéit à ses propres règles, ses propres plafonds et ses propres pièges. Voici comment les maîtriser pour sécuriser votre opération locative de bout en bout.

Ce que « caution » recouvre vraiment dans un investissement locatif

Dans l'immobilier locatif, le mot « caution » désigne deux réalités juridiques et pratiques totalement distinctes. La confusion entre les deux est l'une des premières sources d'erreurs chez les nouveaux investisseurs.

Le premier sens renvoie au dépôt de garantie : une somme d'argent que le locataire verse au bailleur à la signature du bail. Ce n'est pas une caution au sens juridique du terme. Il s'agit d'une avance destinée à couvrir d'éventuelles dégradations locatives ou des impayés de charges en fin de bail. Le bailleur ne peut pas l'utiliser pour compenser des loyers impayés en cours de location.

Le second sens concerne le cautionnement, défini par l'article 2288 du Code civil : une personne physique ou morale s'engage envers le créancier (le bailleur ou la banque) à satisfaire à l'obligation du débiteur (le locataire ou l'investisseur-emprunteur) si celui-ci n'y satisfait pas lui-même. Le contrat de cautionnement doit être écrit et comporter des mentions obligatoires précises sous peine de nullité.

Distinguer ces deux notions est fondamental. La première sécurise la relation locative côté bailleur. La seconde conditionne l'accès au crédit pour l'investisseur. Chacune appelle des stratégies différentes, que nous détaillons ci-dessous.

Le dépôt de garantie est encadré par la loi du 6 juillet 1989 pour la location nue (article 22) et par la loi ALUR pour le meublé (article 25-6 du Code de la construction et de l'habitation). Il s'agit d'une somme versée par le locataire au moment de l'entrée dans les lieux, que le propriétaire conserve jusqu'à la fin du bail. Le Code de la construction et de l'habitation (legifrance.gouv.fr) en fixe les plafonds et les conditions de restitution.

Ce dépôt ne constitue pas un revenu pour le bailleur. Il doit être restitué dans un délai d'un mois après l'état des lieux de sortie si celui-ci est conforme à l'état des lieux d'entrée, ou dans les deux mois si des différences sont constatées. Passé ce délai, des pénalités s'appliquent. La moindre retenue doit être justifiée par des documents opposables : devis, factures, photos horodatées : et non par une simple appréciation du propriétaire.

Le cautionnement de prêt immobilier : ce que paie l'investisseur

Lorsqu'un investisseur emprunte pour financer un bien locatif, la banque exige presque toujours une garantie. Deux options principales existent : la caution bancaire via un organisme spécialisé (Crédit Logement, par exemple) et l'hypothèque. Le cautionnement de prêt immobilier consiste à faire garantir le remboursement du crédit par un organisme tiers. En contrepartie, l'emprunteur verse une commission de caution, calculée en pourcentage du capital emprunté.

Selon e-immobilier.credit-agricole.fr (mai 2026), cette commission oscille entre 0,6 % et 0,8 % du capital emprunté. Une partie de cette somme est parfois restituable à la fin du prêt, ce qui n'est pas le cas des frais d'hypothèque. La caution bancaire est aujourd'hui le mécanisme le plus répandu dans le crédit immobilier français. Elle évite les formalités notariées et les frais de mainlevée associés à l'hypothèque.

Montant de la caution locative : ce que dit la loi

Le montant maximal que le propriétaire peut exiger au titre du dépôt de garantie dépend d'un critère unique : la nature du bail. Location nue ou meublée, les plafonds ne sont pas les mêmes. Et tout dépassement expose le bailleur à des sanctions.

Le bailleur ne peut en aucun cas indexer le dépôt de garantie sur les charges locatives ou les réviser en cours de bail. Son montant est figé à la signature. La loi ALUR a également interdit la pratique dite du « dernier mois de loyer payé d'avance » en complément du dépôt, mais cette interdiction ne concerne que les locations nues. En meublé, le propriétaire peut demander en plus le paiement du loyer à terme à échoir, une pratique fréquente pour les locations étudiantes ou de courte durée.

Location nue : plafond d'1 mois de loyer hors charges

Pour une location vide, l'article 22 de la loi du 6 juillet 1989 fixe le plafond du dépôt de garantie à 1 mois de loyer hors charges. Cette règle est d'ordre public : le bailleur ne peut pas y déroger par contrat. Un propriétaire qui exigerait 2 mois de loyer en nue s'expose à une action en restitution devant le tribunal judiciaire.

Concrètement, pour un appartement loué 900 € hors charges par mois, le dépôt ne peut excéder 900 €. Les charges récupérables : eau, entretien des parties communes, ordures ménagères : ne rentrent pas dans le calcul. Le loyer de référence est celui inscrit au bail, hors provision pour charges. Cette distinction est souvent mal comprise par les primo-investisseurs, qui incluent à tort la provision sur charges dans l'assiette.

Location meublée : jusqu'à 2 mois de loyer hors charges

La location meublée bénéficie d'un régime plus souple. L'article 25-6 de la loi du 6 juillet 1989 (modifié par la loi ALUR) autorise un dépôt de garantie pouvant atteindre 2 mois de loyer hors charges. Cette majoration s'explique par le risque accru de turnover et de dégradations sur des baux généralement plus courts.

Pour un studio meublé à 700 € hors charges, le propriétaire peut donc exiger jusqu'à 1 400 €. Certains investisseurs hésitent à appliquer ce plafond de peur de freiner la location. La réalité du marché varie selon la tension locative locale. À Paris ou Lyon, un dépôt de 2 mois ne dissuade pas les candidats solvables. Dans des zones moins tendues, réduire à 1 mois peut accélérer la relocation. Ce choix relève de la stratégie commerciale du bailleur, pas d'une contrainte légale.

Délais de restitution et retenues autorisées

La restitution du dépôt de garantie obéit à un calendrier strict. Si l'état des lieux de sortie est conforme à l'état des lieux d'entrée, le propriétaire dispose de 1 mois pour restituer l'intégralité du dépôt. En présence de dégradations ou de différences, ce délai passe à 2 mois.

Tout retard expose le bailleur à une pénalité automatique : 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé (article 22 de la loi du 6 juillet 1989). Pour un loyer de 900 €, cela représente 90 € par mois de retard.

Les retenues autorisées sont strictement limitées :

  • Les dégradations locatives constatées dans l'état des lieux comparatif ;
  • Les loyers ou charges impayés au moment du départ ;
  • Les travaux de remise en état justifiés par devis ou factures.

L'usure normale du logement ne peut jamais motiver une retenue. La vétusté d'une peinture après 5 ans d'occupation incombe au propriétaire, pas au locataire sortant.

Les 4 formes de garantie pour sécuriser vos loyers impayés

Un investisseur dispose de quatre leviers distincts pour se prémunir contre le risque d'impayés locatifs. Chaque dispositif répond à une logique différente et ne s'adresse pas aux mêmes profils de bailleurs.

Avant de détailler chaque solution, un principe à retenir : selon e-immobilier.credit-agricole.fr (juin 2026), un propriétaire ne peut pas exiger un garant s'il a déjà souscrit une garantie loyers impayés (GLI). La seule exception concerne le locataire étudiant ou apprenti, pour lequel le cumul reste autorisé. Ignorer cette règle rend la GLI potentiellement caduque.

Le garant physique ou moral : engagement solidaire

La caution solidaire est la forme la plus ancienne de garantie locative. Une personne physique (parent, proche) ou morale (entreprise, association) signe un acte de cautionnement par lequel elle s'engage à payer l'intégralité des sommes dues par le locataire en cas de défaillance.

L'exigence de mention manuscrite est impérative. Pour une caution simple, le garant doit écrire la phrase prévue à l'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989, qui précise la nature et l'étendue de son engagement. Toute omission rend l'acte nul.

L'avantage principal : la gratuité pour le bailleur. L'inconvénient : la solvabilité du garant n'est jamais garantie dans la durée. Un parent peut perdre son emploi, divorcer, décéder. Le bailleur supporte seul ce risque de contrepartie. Pour réussir un investissement locatif rentable, cette solution reste fragile face à des impayés prolongés.

La garantie Visale d'Action Logement en 2026

Active depuis 10 ans, la garantie Visale a pour vocation de faciliter l'accès au parc locatif tout en protégeant les bailleurs contre les impayés (Boursorama, avril 2026). C'est une caution gratuite, proposée par Action Logement, qui couvre jusqu'à 36 mois de loyers impayés dans la limite d'un plafond défini.

Visale s'adresse aux salariés du secteur privé (hors CDI confirmé de plus de 6 mois d'ancienneté), aux jeunes de moins de 30 ans, aux étudiants, aux salariés en mobilité professionnelle et aux ménages en situation de précarité. Le bailleur peut activer Visale directement en ligne avant la signature du bail.

L'atout majeur pour l'investisseur : aucune sélection de dossier à opérer. C'est Action Logement qui vérifie l'éligibilité du locataire. Le revers : tous les candidats locataires ne sont pas éligibles. Un couple de cadres en CDI depuis 5 ans ne pourra pas bénéficier de Visale, ce qui limite mécaniquement son usage à certains segments du marché locatif.

La GLI (garantie loyers impayés) : une assurance payante

La garantie loyers impayés est une assurance souscrite par le propriétaire auprès d'un assureur spécialisé. Elle couvre les impayés de loyers et de charges, les frais de contentieux et parfois les dégradations immobilières.

Son coût annuel se situe généralement entre 2,5 % et 4 % des loyers et charges annuels. Pour un loyer de 1 000 € par mois, la prime GLI annuelle oscille entre 300 € et 480 €. Ce coût est déductible des revenus fonciers pour les locations nues.

Pour être indemnisé, le bailleur doit respecter des conditions strictes : le locataire doit justifier de revenus nets mensuels au moins égaux à 3 fois le montant du loyer à la signature du bail (critère variable selon les contrats, mais quasi systématique). Tout écart non documenté expose à un refus de prise en charge. L'erreur classique : souscrire une GLI sans vérifier que le dossier locataire satisfait aux critères d'éligibilité de l'assureur. Le contrat est alors inopérant au premier impayé.

La caution bancaire ou d'organisme spécialisé

Certains organismes comme Crédit Logement ou des filiales bancaires proposent des cautionnements spécifiques pour les prêts immobiliers. Ce mécanisme, déjà évoqué plus haut, est une garantie de prêt, pas une garantie locative. Il ne couvre pas les loyers impayés mais le risque de défaut de l'emprunteur-investisseur.

En pratique, la banque prêteuse adhère à un fonds mutualisé de garantie. L'emprunteur verse une commission unique à la signature, puis potentiellement une quote-part au fonds mutualiste. Cette solution présente un avantage méconnu : la commission est souvent partiellement restituable en fin de prêt, contrairement aux frais d'hypothèque qui sont définitivement perdus. Pour un investissement immobilier rentable, chaque euro compte et cet écart peut peser sur le rendement net.

Caution de prêt immobilier : combien ça coûte pour l'investisseur ?

La commission de caution bancaire est un poste de frais que les investisseurs débutants oublient souvent dans leur plan de financement. Contrairement aux intérêts d'emprunt ou aux frais de notaire, elle n'apparaît pas toujours clairement dans les simulations en ligne. Pourtant, son poids est significatif.

Prenons un cas concret. Un investisseur emprunte 200 000 € sur 20 ans pour financer un appartement locatif. La commission de caution exigée par l'organisme de garantie s'établit entre 0,6 % et 0,8 % du capital emprunté (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Cela représente une fourchette de 1 200 € à 1 600 €, prélevés directement à la signature du prêt. Ce montant s'ajoute aux frais de dossier bancaires, aux frais de notaire et à l'éventuel apport personnel.

Cette commission peut être partiellement restituée en fin de prêt, selon les conditions propres à chaque organisme de caution. Le taux de restitution varie généralement entre 30 % et 75 % du montant initial. Une information à vérifier avant de signer, car cet élément modifie sensiblement le coût réel du financement.

Commission de caution : calcul sur un exemple concret à 200 000 €

Reprenons le scénario : 200 000 € empruntés, commission à 0,7 % (médiane de la fourchette). Le prélèvement initial est de 1 400 €. Si l'organisme restitue 50 % de cette somme en fin de prêt, le coût net définitif tombe à 700 €.

Comparons avec une hypothèque de même montant. Cette dernière génère des frais de notaire spécifiques (taxe de publicité foncière + émoluments du notaire) représentant environ 1,5 % à 2 % du capital garanti, soit 3 000 € à 4 000 €. À cela s'ajoutent les frais de mainlevée en fin de prêt, de l'ordre de quelques centaines d'euros. La caution bancaire est structurellement moins coûteuse sur un prêt de 200 000 €.

L'écart se creuse davantage si l'on considère qu'une partie de la commission de caution est restituable. L'hypothèque, elle, ne donne droit à aucun remboursement.

Caution vs hypothèque : quel arbitrage pour l'investisseur ?

L'hypothèque redevient pertinente dans deux cas précis. Premier cas : les prêts d'un montant très élevé, pour lesquels les organismes de caution plafonnent leur garantie et exigent un complément hypothécaire. Second cas : le financement d'un bien détenu en SCI, où l'hypothèque sur le bien social reste la sûreté la plus pratiquée.

Pour un prêt classique de 200 000 €, la caution bancaire gagne l'arbitrage à tous les niveaux : coût inférieur, simplicité administrative (pas d'acte notarié), restitution partielle en fin de prêt. Le choix peut aussi dépendre de la stratégie patrimoniale. Un investisseur qui souhaite investir dans l'immobilier sans apport aura intérêt à minimiser chaque poste de frais dès l'acquisition.

Certaines banques acceptent de financer 100 % du prix du bien pour les profils solides (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Dans ce cas, chaque euro de commission doit être optimisé car l'effet de levier maximal ne tolère aucun surcoût évitable.

Déductibilité fiscale des frais de caution en revenus fonciers

Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers pour les locations nues, comme le confirment service-public.gouv.fr et impots.gouv.fr. La question se pose pour la commission de caution. Cette dernière est considérée comme un frais accessoire au prêt et peut être déduite au prorata de la durée du crédit.

Concrètement, si la commission est de 1 400 € pour un prêt de 20 ans, l'investisseur peut déduire 70 € par an de ses revenus fonciers pendant 20 ans. Le montant modeste de cette déduction annuelle ne doit pas masquer un autre avantage : l'ensemble des frais d'acquisition, y compris la commission de caution, peut être intégré dans le calcul du prix de revient fiscal du bien, ce qui réduit la plus-value imposable en cas de revente.

La déclaration s'effectue via le formulaire n° 2044 (disponible sur impots.gouv.fr), dédié aux revenus fonciers. Les intérêts d'emprunt se portent en ligne 240, et les frais accessoires peuvent être ventilés en frais de gestion ou intégrés au coût d'acquisition, selon l'option retenue par le contribuable.

Les 3 erreurs courantes des investisseurs autour de la caution locative

Ces trois erreurs coûtent cher aux investisseurs. Elles sont évitables à condition d'en comprendre le mécanisme juridique avant la signature du bail ou du contrat de prêt.

La première tient à une méconnaissance de l'articulation entre les garanties. La deuxième relève d'une rédaction approximative des actes. La troisième découle d'une gestion négligente de la fin du bail. Chacune peut anéantir la protection que l'investisseur croyait avoir mise en place.

Erreur n°1 : cumuler garant et GLI sans vérifier les conditions

La règle est claire : un bailleur qui a souscrit une GLI ne peut pas exiger de garant. L'article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989 l'interdit explicitement. La seule exception prévue concerne le locataire étudiant ou apprenti, pour lequel le cumul reste autorisé (e-immobilier.credit-agricole.fr, juin 2026).

En pratique, un investisseur qui exige un garant parental tout en ayant souscrit une GLI pour un locataire salarié en CDI commet une double erreur : le contrat de cautionnement est annulable et l'assureur peut refuser toute indemnisation en cas de sinistre, le contrat GLI étant fondé sur une condition d'éligibilité non respectée. La conséquence : l'investisseur se retrouve sans aucune protection face aux impayés, alors même qu'il payait deux garanties.

Erreur n°2 : un acte de cautionnement mal rédigé = nullité

L'acte de cautionnement obéit à un formalisme strict. La mention manuscrite exigée par l'article 22-1 de la loi de 1989 est impérative. Le garant doit écrire de sa main la phrase légale qui précise la nature, la durée et le montant maximal de son engagement.

Trois vices récurrents entraînent la nullité de l'acte : l'absence de mention manuscrite (signature seule, sans la phrase obligatoire), une mention incomplète (absence du montant maximal ou de la durée), ou une mention rédigée par le bailleur et simplement signée par le garant. Dans tous ces cas, le juge prononce la nullité du cautionnement, et le bailleur perd toute action contre le garant. Un formulaire type est disponible sur service-public.gouv.fr.

Erreur n°3 : retenir abusivement le dépôt de garantie

Un propriétaire qui retient 20 %, 30 % ou la totalité du dépôt de garantie sans justification s'expose à deux risques. Le premier : une action en restitution devant le juge des contentieux de la protection, avec condamnation aux dépens. Le second : la pénalité de retard de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.

Prenons un exemple. Loyer de 950 €, dépôt de 950 €. Le propriétaire retient 300 € pour « remise en état » mais ne produit ni devis ni état des lieux d'entrée. Le locataire conteste. Le juge condamne le bailleur à restituer les 300 €, majorés de 95 € par mois de retard (soit 475 € après 5 mois). La sanction dépasse largement la somme initialement retenue.

La parade est simple : un état des lieux d'entrée détaillé et contradictoire, des photos horodatées, et tout devis ou facture justifiant une retenue. Sans ces documents, le bailleur a perdu d'avance.

Comment choisir la bonne garantie selon votre profil d'investisseur

Aucune solution n'est universellement supérieure. Le choix dépend de votre parc immobilier, du profil de vos locataires et de votre tolérance au risque. Voici un tableau de décision synthétique, suivi d'un focus sur une aide méconnue : l'AVANCE LOCA-PASS.

Tableau de décision : quelle garantie selon votre situation ?

Voici comment orienter votre choix, en fonction de votre configuration d'investissement :

  • Investisseur avec 1 logement, locataire étudiant : la garantie Visale, gratuite et automatique, constitue la meilleure option. Elle couvre jusqu'à 36 mois d'impayés sans coût pour le bailleur. La GLI est ici superflue, sauf à vouloir couvrir les dégradations.
  • Investisseur avec 1 logement, locataire salarié confirmé (CDI, revenus > 3x le loyer) : la GLI offre une couverture complète incluant le contentieux et les dégradations. Son coût (2,5 % à 4 % des loyers) se déduit des revenus fonciers.
  • Investisseur multi-lots (3 logements et plus) : la GLI devient quasi indispensable. Le risque statistique d'impayés augmente avec le nombre de locataires. Une négociation tarifaire groupée avec l'assureur est souvent possible.
  • Investisseur finançant via SCI : l'hypothèque reste le standard pour garantir le prêt de la société. La caution bancaire est moins fréquente mais pas impossible ; à vérifier avec le conseil de la SCI.

Quel que soit le profil, ne jamais souscrire une GLI sans avoir vérifié au préalable que le dossier locataire satisfait aux critères de l'assureur. C'est la condition sine qua non de toute indemnisation future.

L'AVANCE LOCA-PASS : une aide pour les locataires en difficulté de caution

L'AVANCE LOCA-PASS est un prêt à taux zéro accordé par Action Logement aux locataires qui peinent à constituer leur dépôt de garantie. Remboursable en 25 mois maximum, il ne génère ni intérêts ni frais de dossier (actionlogement.fr).

Pour l'investisseur, c'est un outil indirect : un candidat locataire solvable mais sans épargne immédiate peut mobiliser ce prêt pour verser le dépôt de garantie. Le bailleur reçoit l'intégralité du dépôt dès l'entrée dans les lieux, directement versé par Action Logement.

L'AVANCE LOCA-PASS concerne les salariés du secteur privé, les jeunes de moins de 30 ans en formation ou en emploi, et les étudiants boursiers. Le montant maximal est plafonné mais couvre en pratique la quasi-totalité des dépôts de garantie du marché locatif courant. Ce dispositif est distinct de Visale : un même locataire peut cumuler les deux aides, l'une finançant le dépôt, l'autre garantissant les loyers.

Points clés

  • Le dépôt de garantie est plafonné à 1 mois de loyer HC en location nue et 2 mois en meublé.
  • La commission de caution bancaire coûte entre 0,6 % et 0,8 % du capital emprunté, soit 1 200 € à 1 600 € pour 200 000 €.
  • Un bailleur ne peut pas cumuler GLI et garant, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.
  • La restitution du dépôt de garantie hors délai légal expose à une majoration de 10 % du loyer par mois de retard.
  • Visale couvre gratuitement les loyers impayés mais ses conditions d'éligibilité excluent certains profils de locataires.

Sources

Fiche pratique

Plafond dépôt de garantie location nue1 mois de loyer hors charges (art. 22 loi du 6 juillet 1989)
Plafond dépôt de garantie location meublée2 mois de loyer hors charges (art. 25-6 loi ALUR)
Délai de restitution dépôt de garantie1 mois si état des lieux conforme, 2 mois si différences (article 22 loi 1989)
Pénalité de retard restitution10 % du loyer mensuel HC par mois de retard
Commission de caution bancaire0,6 % à 0,8 % du capital emprunté (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026)
Coût pour 200 000 € empruntés1 200 € à 1 600 € (e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026)
AVANCE LOCA-PASSPrêt à taux zéro, 25 mois max, sans intérêts ni frais (actionlogement.fr)
Visale : public cibleSalariés, jeunes, étudiants, bailleurs sociaux et privés (actionlogement.fr)

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions-réponses

Qu'est-ce qu'une caution immobilière pour une location ?

La caution immobilière locative désigne une personne physique ou morale qui s'engage par écrit, via un acte de cautionnement, à payer les loyers et charges au propriétaire si le locataire est défaillant. Ce contrat est strictement encadré par le Code civil et l'acte doit mentionner le montant du loyer, les conditions de révision et la durée de l'engagement.

Est-ce que le propriétaire peut retenir 20% du dépôt de garantie ?

Non. Un propriétaire ne peut pas retenir arbitrairement 20 % du dépôt de garantie. Toute retenue doit être justifiée par des dégradations locatives constatées contradictoirement via l'état des lieux d'entrée et de sortie, ou par des charges impayées. Sans état des lieux d'entrée, le logement est présumé remis en bon état et aucune retenue pour dégradation n'est autorisée.

Est-il obligatoire de verser une caution ?

Le versement d'un dépôt de garantie par le locataire reste la norme, mais il n'est pas obligatoire dans l'absolu. Un propriétaire peut y renoncer. En revanche, la loi interdit de cumuler un dépôt de garantie avec la demande d'un garant lorsqu'une GLI est déjà souscrite, sauf si le locataire est étudiant ou apprenti.

Quelles sont les erreurs à éviter pour un investissement locatif ?

Les trois erreurs les plus coûteuses autour de la caution : cumuler une GLI avec un garant sans vérifier l'exception légale (étudiant ou apprenti), ce qui peut annuler la garantie ; rédiger un acte de cautionnement incomplet sans mention manuscrite obligatoire, ce qui entraîne sa nullité ; et ne pas restituer le dépôt de garantie dans les délais légaux, exposant le bailleur à des majorations de 10 % du loyer mensuel par mois de retard.