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Rentabilité

Calcul de rentabilité locative : brute, nette et nette-nette : le guide complet

Maîtrisez le calcul de rentabilité locative en 2026 : formules brute, nette, nette-nette, cas pratique chiffré et pièges à éviter pour investir sereinement.

Guillaume SimonGuillaume Simon 20 min de lecture
Calcul de rentabilité locative 2026 : les 3 formules
CALCUL - SEUIL DE RENTABILITÉ

La rentabilité locative se mesure à trois niveaux : brute (loyer annuel ÷ prix d'achat × 100), nette (après déduction des charges) et nette-nette (après impôts et prélèvements sociaux de 17,2 %). Seule la rentabilité nette-nette reflète le rendement réel conservé par l'investisseur. Un studio loué 530 € par mois et acheté 85 000 € affiche une rentabilité brute de 7,48 %, mais tombe à 2,33 % net-net en micro-foncier pour un foyer imposé à 30 % (source : e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026).

Calculer la rentabilité locative d'un bien ne se résume pas à diviser le loyer par le prix d'achat. Trois niveaux d'analyse coexistent : brute, nette et nette-nette : et le dernier, seul indicateur fiable pour comparer deux projets, intègre les 17,2 % de prélèvements sociaux que beaucoup d'investisseurs oublient (source : e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Ce guide détaille chaque formule, les pièges à éviter et un cas pratique chiffré pas à pas.

En bref

  • La rentabilité brute est un premier filtre rapide, mais elle ignore les charges, la fiscalité et la vacance locative.
  • La rentabilité nette-nette intègre les prélèvements sociaux (17,2 %) et l'impôt sur le revenu : c'est le seul indicateur exploitable pour décider.
  • Une erreur courante consiste à sous-estimer les charges non récupérables et la taxe foncière, qui amputent de 1 à 2 points le rendement affiché.
  • L'effet de levier du crédit transforme un rendement brut modeste en rentabilité financière attractive, à condition que le cash-flow reste positif.
  • Aucun simulateur en ligne ne remplace une projection personnalisée intégrant votre tranche marginale d'imposition et le régime fiscal choisi (LMNP, déficit foncier, Denormandie).

Pourquoi le calcul de rentabilité locative est indispensable avant d'acheter

Investir dans la pierre locative sans avoir posé les chiffres sur une feuille, c'est piloter un avion sans altimètre. Le calcul de rentabilité locative traduit un projet en une série de ratios qui permettent de le comparer objectivement à d'autres placements : livret A, SCPI, assurance-vie.

La rentabilité : définition et types en immobilier donne le cadre général. En matière locative, trois indicateurs se complètent. Chacun répond à une question précise : le bien génère-t-il assez de loyers pour couvrir son prix ? Les charges courantes sont-elles absorbées ? Et après impôts, reste-t-il un rendement net qui justifie le risque et l'immobilisation du capital ?

Un seul chiffre ne suffit pas. La rentabilité brute, souvent mise en avant par les vendeurs et les annonces, donne une première photographie flatteuse mais largement incomplète. La rentabilité nette corrige cette image en intégrant les charges. La rentabilité nette-nette, elle, reflète ce que l'investisseur conserve réellement après le passage du fisc et des prélèvements sociaux. C'est ce dernier ratio qui doit guider la décision d'achat.

⚠️ Attention : un bien affiché à 7 % de rentabilité brute peut tomber sous 3 % net-net une fois intégrées la taxe foncière, les charges non récupérables, la vacance locative et la fiscalité. Toujours pousser le calcul jusqu'au bout.

Rentabilité brute, nette, nette-nette : trois lectures du même investissement

La rentabilité brute est un ratio instantané : (loyer annuel ÷ prix d'achat) × 100. La rentabilité nette soustrait l'ensemble des charges supportées par le propriétaire : taxe foncière, charges non récupérables, frais de gestion, assurance loyers impayés, intérêts d'emprunt. La rentabilité nette-nette y ajoute l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux (17,2 % au global, selon e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026).

Ces trois lectures ne s'opposent pas, elles s'emboîtent. La brute sert de premier tri ; la nette vérifie l'équilibre d'exploitation ; la nette-nette valide l'intérêt patrimonial du projet par rapport à d'autres placements. Un investisseur averti les calcule toutes les trois avant de signer.

Ce que révèle (et cache) la rentabilité brute

La rentabilité brute donne un ordre de grandeur immédiat, pratique pour écrémer les annonces. Elle masque cependant des coûts structurels qui varient fortement d'un bien à l'autre : deux studios affichant 6 % brut peuvent diverger de 2 points une fois les charges déduites, si l'un est soumis à une taxe foncière de 900 € et l'autre de 300 €.

Ce ratio ignore aussi les frais d'acquisition (frais de notaire, environ 7 à 8 % du prix dans l'ancien) et le coût du crédit. Pour un investissement locatif rentable, ces postes pèsent lourd dans l'équation réelle. La brute sert donc de boussole, pas de GPS.

Calcul de rentabilité brute : la formule de départ

La rentabilité brute est le ratio le plus simple et le plus cité dans les annonces immobilières. Elle donne une première lecture du potentiel d'un bien, avant toute analyse des charges et de la fiscalité.

Sa formule tient en une ligne : (loyer mensuel × 12) ÷ prix d'achat × 100. Si un studio se loue 530 € par mois et a été acquis 85 000 €, la rentabilité brute s'établit à (530 × 12) ÷ 85 000 × 100 = 7,48 %. Ce chiffre, tiré de l'exemple concret publié par e-immobilier.credit-agricole.fr (mai 2026), illustre un rendement brut flatteur. Mais il ne dit rien des 1 200 € de taxe foncière annuelle, des 15 % de frais de gestion si le bien est délégué à une agence, ni des intérêts d'emprunt.

Le calcul de rentabilité brute constitue un premier filtre. En dessous de 3 % brut, le projet mérite une analyse très prudente : les charges absorberont une part significative de ce rendement, et le net-net risque de tomber sous le taux du Livret A (1,50 % depuis le 1er février 2026). Au-dessus de 7 %, le bien mérite qu'on pousse l'analyse aux niveaux net et net-net.

Formule et mode de calcul

Deux précautions s'imposent dès ce stade. D'abord, le prix d'achat doit inclure les frais d'acquisition : dans l'ancien, les frais de notaire avoisinent 7 à 8 % du prix. Un bien à 100 000 € coûte en réalité 108 000 €, et c'est ce montant qu'il faut utiliser au dénominateur.

Ensuite, le loyer pris en compte doit être un loyer de marché réaliste, pas le loyer annoncé par le vendeur « si le bien était loué ». Consultez les observatoires locaux des loyers (OLAP en région parisienne, observatoires des agences d'urbanisme ailleurs) pour obtenir une fourchette fiable. Un écart de 50 € par mois sur le loyer projeté modifie la rentabilité brute de 0,7 point pour un bien à 85 000 €.

Limites de la rentabilité brute

La rentabilité brute ignore trois masses critiques qui transformeront le rendement final : les frais d'acquisition et de financement, les charges récurrentes non récupérables, et la fiscalité complète (prélèvements sociaux + impôt sur le revenu).

Elle ne tient pas non plus compte de la vacance locative. Un bien loué 11 mois sur 12 voit son loyer annuel réel amputé de 8 %. En pratique, provisionner 5 à 8 % de vacance dans un calcul conservateur est une sage précaution. Enfin, ce ratio ne capte pas l'effet de levier du crédit : deux projets à 6 % brut peuvent offrir des rentabilités d'investissement immobilier en 2026 très différentes selon le montant de l'apport personnel et le taux d'emprunt.

Calcul de rentabilité nette : intégrer toutes les charges

Une fois la rentabilité brute posée, le niveau net affine le diagnostic. La formule est la suivante : (loyer annuel − charges annuelles) ÷ prix d'achat × 100. Les charges à déduire sont celles que le propriétaire supporte sans pouvoir les refacturer au locataire.

Ce calcul de rentabilité nette révèle souvent un écart de 1,5 à 3 points avec la brute. Un studio affiché à 7,48 % brut peut descendre à 4,8 % net après déduction de la taxe foncière, des charges de copropriété non récupérables, des frais de gestion et d'une provision pour entretien. C'est ce ratio qui détermine si le bien s'autofinance ou exige un apport mensuel de la poche du propriétaire.

Pour réussir un investissement locatif rentable, il faut que la rentabilité nette couvre au minimum les intérêts d'emprunt. Si elle ne les couvre pas, le projet génère un cash-flow négatif avant même l'impact fiscal : un signal d'alerte sérieux.

Il est crucial de bien comprendre la différence entre rendement brut et rendement net en immobilier pour évaluer au mieux votre projet.

Les charges à déduire obligatoirement

Cinq postes de charges pèsent sur le rendement net. La taxe foncière arrive en tête : elle varie du simple au quintuple selon la commune. Les charges de copropriété non récupérables (entretien des parties communes, honoraires du syndic, fonds de travaux) constituent le deuxième poste.

Viennent ensuite les frais de gestion si le bien est confié à une agence (5 à 10 % du loyer annuel hors taxes), l'assurance propriétaire non occupant (PNO) et la garantie loyers impayés (GLI) le cas échéant (2 à 4 % du loyer). Enfin, une provision annuelle pour entretien et vacance locative (5 à 8 % du loyer annuel) complète le tableau. En comptabilité de copropriété, les charges récupérables (eau, chauffage collectif, entretien courant) sont refacturées au locataire et ne figurent donc pas dans ce calcul.

Tableau comparatif : rentabilité brute vs rentabilité nette

IndicateurFormuleExemple chiffré (studio 85 000 €, 530 €/mois)
Rentabilité brute(6 360 ÷ 85 000) × 1007,48 %
Rentabilité nette((6 360 − 2 280) ÷ 85 000) × 1004,80 %

Le tableau ci-dessus applique un total de charges annuelles de 2 280 €, ventilé ainsi : taxe foncière 900 €, charges non récupérables 500 €, frais de gestion (7 %) 445 €, provision entretien/vacance 435 €. L'écart brut-net atteint ici 2,68 points. Ce même bien, s'il était situé dans une commune à taxe foncière modérée (300 €), afficherait une rentabilité nette de 5,5 %. L'emplacement géographique joue donc un rôle direct sur le rendement net.

Calcul de rentabilité nette-nette : l'effet de la fiscalité

La rentabilité nette-nette est l'indicateur de vérité. Sa formule : (loyer annuel − charges − impôts − prélèvements sociaux) ÷ prix d'achat × 100. Elle dit ce que l'investisseur conserve après que tous les acteurs : syndic, fisc, Urssaf : ont prélevé leur part.

L'impact fiscal dépend du régime choisi. En location nue, le micro-foncier applique un abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers (dans la limite de 15 000 € de revenus fonciers) ; le régime réel permet de déduire la totalité des charges, intérêts d'emprunt inclus. En meublé (LMNP), le régime micro-BIC offre un abattement de 50 %, le régime réel autorise l'amortissement du bien et du mobilier : un levier fiscal puissant que beaucoup d'investisseurs exploitent pour annuler la base imposable pendant 10 à 15 ans.

Les prélèvements sociaux, eux, s'appliquent dans tous les cas. Leur taux global est de 17,2 % (source : e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026). Sur un revenu locatif net imposable de 4 080 €, ils ponctionnent 702 €. C'est cette ligne que les calculs amateurs oublient le plus souvent.

Prélèvements sociaux et impôt sur le revenu locatif

Les 17,2 % de prélèvements sociaux se décomposent en CSG (9,2 %), CRDS (0,5 %), prélèvement de solidarité (7,5 %). Ils sont prélevés par l'administration fiscale en même temps que l'impôt sur le revenu, sur la base du revenu locatif net imposable.

L'impôt sur le revenu, lui, dépend de la tranche marginale d'imposition (TMI) de l'investisseur. Pour un célibataire à 30 % de TMI, chaque euro de revenu locatif net supporte 30 centimes d'IR + 17,2 centimes de PS, soit un taux marginal global de 47,2 %. Un couple à 11 % de TMI ne subit que 28,2 % au total. Deux foyers fiscaux différents peuvent donc obtenir des rentabilités nettes-nettes très éloignées sur un même bien.

Cas pratique chiffré : rentabilité nette-nette d'un studio en 2026

Reprenons le studio à 85 000 € loué 530 € par mois. Le loyer annuel brut est de 6 360 €. On déduit les charges annuelles (2 280 €, détail supra). Le résultat net avant impôt est de 4 080 €.

Le propriétaire, célibataire avec une TMI de 30 %, déclare au régime micro-foncier. L'abattement de 30 % ramène la base imposable à 4 452 € (6 360 × 70 %). Les charges réelles (2 280 €) ne sont pas déductibles en sus : le micro-foncier est forfaitaire. L'impôt sur le revenu s'élève à 4 452 × 30 % = 1 336 €. Les prélèvements sociaux : 4 452 × 17,2 % = 766 €.

Rentabilité nette-nette : (6 360 − 2 280 − 1 336 − 766) ÷ 85 000 × 100 = 2,33 %. Le même bien au régime réel, avec déduction des intérêts d'emprunt (2 500 € la première année pour un prêt de 70 000 € à 3,5 % sur 20 ans), afficherait une base imposable de 6 360 − 2 280 − 2 500 = 1 580 €, un IR de 474 € et des PS de 272 €. La rentabilité nette-nette grimperait alors à 3,93 %.

💡 À noter : ce cas montre que le choix du régime fiscal (micro-foncier vs réel) peut faire varier la rentabilité nette-nette de plus de 1,5 point sur un même bien. Un conseiller en gestion de patrimoine agréé reste indispensable pour modéliser votre situation personnelle.

LMNP, déficit foncier, Denormandie : l'impact fiscal sur le rendement

Le LMNP au régime réel constitue un dispositif fiscalement avantageux. L'amortissement du bien (hors terrain) sur 25 à 40 ans et du mobilier sur 5 à 7 ans génère une charge comptable non décaissée qui efface la base imposable. Résultat : pas d'IR ni de PS pendant les premières années d'exploitation, ce qui préserve la rentabilité nette-nette.

Le déficit foncier (location nue au régime réel) joue un autre rôle. Quand les charges dépassent les loyers, le déficit s'impute sur le revenu global du foyer, dans la limite de 10 700 € par an. Ce mécanisme réduit l'IR payé sur les autres revenus (salaires, BIC), améliorant indirectement la rentabilité globale du patrimoine. L'excédent éventuel se reporte sur les revenus fonciers des 10 années suivantes.

La loi Denormandie, applicable jusqu'en décembre 2027 dans les communes du programme Action cœur de ville, offre une réduction d'impôt de 12 % à 21 % du prix du bien (plafonné à 300 000 €), en contrepartie d'un engagement locatif et de travaux de rénovation. Ce dispositif pèse sur le rendement global, mais il ne modifie pas directement le calcul de rentabilité annuel : il réduit l'impôt dû, pas la base locative.

Chaque dispositif fiscal interagit différemment avec le calcul de rentabilité. Un bien sous LMNP réel peut afficher 5 % net-net là où le même bien en location nue au micro-foncier tombe à 2 %. L'investisseur doit modéliser ces scénarios avant de choisir son montage.

L'erreur courante qui fausse votre calcul de rentabilité locative

Parmi les pièges qui guettent l'investisseur débutant, un domine tous les autres : oublier les prélèvements sociaux dans le calcul de rentabilité nette-nette. Cette omission systématique dans les calculettes grand public et les tableaux Excel maison conduit à surestimer le rendement réel de 0,5 à 1,5 point.

Le mécanisme est simple. Sur 4 000 € de revenu locatif net imposable, les 17,2 % de PS représentent 688 €. Ramené à un bien de 100 000 €, cela ampute le rendement affiché de 0,69 point. Un investisseur qui se fie à un calcul arrêté au stade « net » croit détenir un rendement de 4 % alors qu'il n'en conserve que 3,3 %. Sur 15 ans, l'écart cumulé atteint plusieurs milliers d'euros.

La parade est simple : intégrer les PS dans toute projection, quelle que soit la nature du bien (nu ou meublé). Le rendement locatif ou plus-value : quelle stratégie choisir éclaire l'arbitrage entre les deux moteurs de performance. Quelle que soit la stratégie retenue, le calcul doit toujours descendre jusqu'au net-net.

Oublier les prélèvements sociaux : un écart qui peut dépasser 1 point de rendement

Les 17,2 % appliqués au revenu locatif net imposable creusent un écart significatif avec la rentabilité nette. Dans le cas pratique du studio à 85 000 € en micro-foncier, la rentabilité nette (4,80 %) et la nette-nette (2,33 %) divergent de 2,47 points. Les PS seuls y contribuent pour 0,90 point (766 ÷ 85 000).

Ce phénomène touche tous les régimes, même le LMNP au réel. Si l'amortissement annule la base imposable, les PS sont également neutralisés : d'où l'attrait du dispositif. Mais si l'amortissement ne suffit plus (bien ancien déjà très amorti, ou mobilier totalement déprécié), les PS réapparaissent et le rendement chute.

📌 Important : les prélèvements sociaux s'appliquent même si le revenu foncier est nul ou déficitaire au sens fiscal. Leur assiette est le revenu net imposable avant imputation des déficits antérieurs.

Vacance locative et impayés : les prévoir dans le calcul

Deuxième piège majeur : ne pas provisionner la vacance locative et les impayés. Un logement vacant un mois par an coûte 8,3 % du loyer annuel. Sur un loyer de 530 €, cela représente 530 € de moins : et les charges, elles, continuent de courir (taxe foncière, copropriété, assurance).

En pratique, intégrer un taux de vacance de 5 à 8 % dans le calcul de rentabilité prévisionnel reflète la réalité du marché locatif français. Ce taux grimpe dans les zones détendues où la demande est faible. Les impayés, même couverts par une GLI, génèrent des délais de carence (2 à 3 mois souvent) avant indemnisation, durant lesquels le propriétaire avance les échéances de crédit. Une provision de 1 à 2 % du loyer annuel pour les franchises d'assurance et les petits sinistres complète utilement le modèle.

Simulateur et tableau de calcul de rentabilité : comment s'en servir

Les simulateurs en ligne et les tableaux de calcul de rentabilité pullulent. Tous ne se valent pas. Un simulateur fiable doit accepter en entrée le prix d'achat frais inclus, le loyer mensuel réaliste, chaque poste de charge (taxe foncière, charges non récupérables, frais de gestion, assurance, provision entretien), le taux et la durée du crédit, puis la tranche marginale d'imposition et le régime fiscal choisi.

Beaucoup de calculettes gratuites s'arrêtent à la rentabilité nette, ignorant la fiscalité personnelle. Elles produisent un chiffre flatteur mais trompeur. Un simulateur complet doit obligatoirement intégrer les prélèvements sociaux de 17,2 % et permettre de basculer entre micro-foncier, régime réel et LMNP. Sans ces paramètres, le résultat affiché n'a pas de valeur décisionnelle.

Avant de vous lancer dans une recherche de financement, calculez votre capacité d'emprunt pour connaître l'enveloppe globale de votre projet.

Les données à renseigner pour un calcul fiable

Un calcul de rentabilité locative fiable exige une dizaine de données d'entrée précises. Le prix d'achat frais de notaire inclus (ajouter 7 à 8 % dans l'ancien, 2 à 3 % dans le neuf). Le loyer mensuel hors charges, validé par un observatoire local ou une étude de marché. La taxe foncière, disponible sur le site des impôts pour tout bien existant.

Les charges de copropriété non récupérables, lisibles dans les procès-verbaux d'assemblée générale. Les frais de gestion locative si délégation à une agence (5 à 10 % HT). Le montant et le taux du crédit envisagé. Le régime fiscal applicable. La TMI du foyer. Avec ces paramètres, un tableau Excel ou un simulateur sérieux produit une projection exploitable.

Lire et interpréter les résultats

Les résultats d'un simulateur se lisent en cascade. La rentabilité brute donne le potentiel théorique. L'écart entre brute et nette signale le poids des charges structurelles : s'il dépasse 2,5 points, le bien est probablement situé dans une commune à fiscalité élevée ou dans une copropriété lourde.

L'écart entre nette et nette-nette mesure l'impact fiscal personnel. Plus la TMI est élevée, plus cet écart se creuse. Enfin, le cash-flow mensuel (loyer − charges − mensualité de crédit − impôts provisionnés) indique si le bien s'autofinance ou exige un effort d'épargne. Un cash-flow négatif n'est pas rédhibitoire si la perspective de plus-value le justifie, mais il doit être anticipé et provisionné.

✅ En résumé : un simulateur crédible doit afficher les trois niveaux de rentabilité et le cash-flow mensuel. S'il s'arrête au rendement brut ou net, changez d'outil.

Quel est un bon taux de rentabilité en investissement locatif ?

La question revient systématiquement et la réponse dépend du type de bien, de la zone géographique et de l'objectif patrimonial. Un repère : la rentabilité brute d'un investissement locatif se situe généralement entre 2 % et 7 % en France, avec des extrêmes plus rares au-delà.

Dans les métropoles tendues (Paris, Lyon, Bordeaux), une rentabilité brute de 3 à 5 % reste acceptable. Le prix d'achat élevé est partiellement compensé par une vacance locative faible et un potentiel de plus-value à long terme. Dans les villes moyennes (20 000 à 100 000 habitants), les taux visés montent à 6-8 % brut. Les petites communes rurales peuvent afficher 8 à 10 % brut, mais avec un risque de vacance nettement plus élevé.

La rentabilité nette-nette, elle, tourne autour de 1,5 à 4 % dans la plupart des configurations réalistes en 2026. Un projet qui dépasse 4 % net-net après prise en compte réaliste des charges et de la fiscalité constitue une opportunité sérieuse. En dessous de 1,5 %, le placement en immobilier locatif offre un rendement comparable à un livret A, pour un risque et une illiquidité bien supérieurs.

Fourchettes indicatives selon le type de bien

Les studios et petits T2 offrent les rentabilités les plus élevées (5 à 8 % brut en ville moyenne), car le prix au m² est plus fort et le loyer au m² également. Les T3/T4 familiaux affichent des rendements plus modérés (3 à 6 % brut), mais avec une rotation locative moindre et des locataires plus stables.

Les immeubles de rapport (plusieurs lots dans un même bien) permettent des rentabilités de 6 à 10 % brut, au prix d'une gestion plus lourde. Le meublé touristique (LMNP saisonnier) peut dépasser 10 % brut, mais les contraintes réglementaires et la saisonnalité des revenus imposent une analyse prudente. Chaque typologie de bien appelle un calcul de rentabilité spécifique, avec ses propres hypothèses de vacance et de charges.

Rentabilité vs plus-value : quel objectif pour votre projet ?

L'objectif patrimonial dicte le seuil acceptable. Un investisseur qui vise un complément de revenu régulier privilégiera la rentabilité immédiate et exigera un cash-flow positif dès la première année. Un investisseur qui construit un patrimoine à long terme pourra accepter une rentabilité nette-nette modeste (2-3 %) si la perspective de plus-value à 10-15 ans est solide.

L'effet de levier du crédit rebat les cartes. Un bien à 4 % brut avec 80 % de financement bancaire peut générer une rentabilité financière (sur apport personnel) de 8 à 12 %, selon le taux d'emprunt. Cette rentabilité des capitaux propres n'est pas un indicateur de rendement locatif pur, mais elle explique pourquoi l'immobilier reste attractif même dans les zones à faible rendement facial.

Pour approfondir cet arbitrage, consultez notre analyse sur le rendement locatif ou plus-value : quelle stratégie choisir.

Fiche pratique

Rentabilité brute(loyer annuel ÷ prix d'achat) × 100
Rentabilité nette((loyer annuel − charges) ÷ prix d'achat) × 100
Rentabilité nette-nette((loyer annuel − charges − impôts − PS) ÷ prix d'achat) × 100
Prélèvements sociaux 202617,2 % sur les revenus locatifs (source : e-immobilier.credit-agricole.fr, mai 2026)
Fourchette de rentabilité brute cible4 % à 7 % selon zone et type de bien
Simulateur officiele-immobilier.credit-agricole.fr (gratuit)

Sources

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions-réponses

Quelle est la formule de la rentabilité ?

La rentabilité brute d'un investissement locatif se calcule en divisant le loyer annuel par le prix d'achat du bien, multiplié par 100. Exemple : pour un loyer annuel de 6 360 € et un prix d'achat de 100 000 €, la rentabilité brute est de 6,36 %. Cette formule ne tient pas compte des charges, de la fiscalité ni des frais d'acquisition.

Quel est un bon taux de rentabilité ?

Un bon taux de rentabilité brute se situe entre 4 % et 7 % selon le type de bien et l'emplacement. En zone tendue (Paris, Lyon), 3 à 5 % restent acceptables en raison du potentiel de plus-value à long terme. Dans les villes moyennes, un taux de 6 à 8 % est couramment visé. La rentabilité nette-nette (après charges et impôts) constitue le seul indicateur fiable pour comparer deux projets.

Quelle est la formule de la rentabilité financière ?

La rentabilité financière (ou rentabilité des capitaux propres) mesure le rendement de l'argent personnel investi. Elle se calcule en divisant le cash-flow annuel après charges, impôts et remboursement d'emprunt par l'apport personnel initial, multiplié par 100. Cette formule met en évidence l'effet de levier : avec un financement bancaire, un apport modeste peut générer une rentabilité financière bien supérieure à la rentabilité brute.

Quelle est la formule du taux de rentabilité ?

Le taux de rentabilité est le ratio entre le revenu net annuel et le capital investi, exprimé en pourcentage. En immobilier locatif, la formule brute est (loyer annuel ÷ prix d'achat) × 100. La formule nette retranche les charges : ((loyer annuel − charges) ÷ prix d'achat) × 100. La formule nette-nette intègre en plus les prélèvements sociaux (17,2 %) et l'impôt sur le revenu : ((loyer annuel − charges − impôts − prélèvements sociaux) ÷ prix d'achat) × 100.