Naviguer au contenu
RedugeReduge
Rentabilité

Comment définir la rentabilité d'un investissement immobilier

Comment définir la rentabilité d'un investissement ? Formules, types (brute/nette/nette-nette), cas pratique chiffré et erreurs courantes. Guide clair

Guillaume SimonGuillaume Simon 18 min de lecture
Comment définir la rentabilité ? Les 3 niveaux

La rentabilité d'un investissement immobilier est le rapport, en pourcentage annuel, entre les revenus locatifs et le capital investi. Elle se décline en trois niveaux : brute (loyers ÷ prix d'achat), nette de charges (après déduction des charges non récupérables) et nette-nette (après impôt). Un bien à 300 000 € avec 6 000 € de réduction Pinel annuelle (service-public.gouv.fr) voit sa rentabilité nette-nette passer de 1,54 % à 3,54 % dans un scénario type.

Comment définir la rentabilité d'un investissement immobilier ? C'est le rapport, exprimé en pourcentage, entre les revenus générés par un bien et le capital engagé pour l'acquérir. Mais derrière cette formule en apparence simple se cachent trois niveaux de lecture : brute, nette et nette-nette : qui peuvent faire varier le résultat du simple au double. Ce guide détaille chaque niveau, intègre la notion de seuil de rentabilité empruntée au cadre officiel (entreprendre.service-public.gouv.fr) et vous donne les clés pour ne plus confondre un projet rentable avec un mirage chiffré.

Qu'est-ce que la rentabilité ? Définition précise

Définir la rentabilité, c'est poser une équation simple : le rapport entre un gain et le capital investi, ramené à une base annuelle et exprimé en pourcentage. Appliquée à l'immobilier locatif, cette notion mesure ce que rapporte un bien par rapport à son coût d'acquisition total : prix d'achat, frais de notaire, travaux éventuels.

Pour aller plus loin sur ce sujet, découvrez notre article sur la rentabilité : définition, calcul et types en immobilier.

La rentabilité se distingue de la notion comptable de bénéfice. Un bien peut dégager un cash-flow positif sans être rentable au sens strict si le capital investi est disproportionné par rapport aux revenus générés.

Cette définition sert de boussole à tout investisseur. Sans elle, impossible de comparer deux projets, d'arbitrer entre deux zones géographiques ou de calibrer un financement. Elle constitue le premier filtre d'analyse, avant d'examiner la qualité du bien, la tension locative ou le potentiel de plus-value.

Rentabilité vs rendement : ne pas confondre les deux

La rentabilité mesure le rapport entre un gain et le capital investi sur une période donnée. Le rendement, lui, exprime le flux de revenus périodiques rapporté au capital : sans intégrer la variation de valeur du capital lui-même.

En immobilier, le rendement locatif correspond au rapport entre le loyer annuel et le prix d'achat, tandis que la rentabilité englobe aussi la plus-value potentielle à la revente. Un bien acheté 200 000 € qui génère 10 000 € de loyers annuels affiche un rendement de 5 %. Si ce même bien est revendu 250 000 € au bout de dix ans, la rentabilité globale (TRI) sera supérieure au rendement locatif annuel.

Il est important de bien comprendre la différence entre rendement brut et rendement net en immobilier pour évaluer correctement la performance de votre investissement.

En pratique, les investisseurs utilisent souvent les deux termes de façon interchangeable pour désigner le rendement locatif. La précision compte dès qu'on compare plusieurs stratégies : le rendement seul ne dit rien du potentiel de plus-value, la rentabilité si.

Pourquoi la rentabilité se mesure toujours sur une période donnée

Une rentabilité s'exprime toujours en pourcentage annuel. Ramener le résultat à une année permet de comparer des projets de durées différentes et de confronter l'investissement immobilier à d'autres classes d'actifs.

Le calcul s'effectue sur un exercice complet : idéalement une année civile : pour lisser les variations saisonnières (vacance estivale, charges exceptionnelles). La période retenue doit être explicite. Dire « ce bien affiche 6 % » sans préciser qu'il s'agit d'une rentabilité brute annuelle ouvre la porte aux malentendus.

Cette annualisation est la norme sur le marché : les simulateurs, les comparateurs en ligne et les professionnels l'utilisent systématiquement. Elle permet d'aligner l'immobilier avec les rendements obligataires, les dividendes ou les performances des SCPI sur une même échelle de temps.

Les trois niveaux de rentabilité en investissement immobilier

Tous les taux de rentabilité ne se valent pas. Un même appartement peut afficher 7 % en brut, 4,5 % en net et 3 % en nette-nette. Ces écarts ne sont pas anecdotiques : ils condensent la réalité économique d'un investissement, des charges aux impôts en passant par la vacance locative.

Chaque niveau répond à une question différente. La rentabilité brute donne une première idée, rapide et facile à comparer. La rentabilité nette reflète ce que l'investisseur encaisse après les charges non récupérables. La rentabilité nette-nette intègre la fiscalité : et c'est elle qui détermine le gain réel conservé. Les ignorer, c'est prendre le risque d'acheter un bien dont le rendement facial masque une réalité bien moins flatteuse. Pour approfondir le calcul, consultez notre guide sur le calcul de rentabilité locative.

Rentabilité brute : la première lecture rapide

La rentabilité brute est la plus simple à calculer : divisez le loyer annuel par le prix d'achat total (bien + frais de notaire + travaux), puis multipliez par 100. Exemple : un bien acheté 220 000 € frais inclus, loué 1 100 € par mois, affiche une rentabilité brute de (1 100 × 12) ÷ 220 000 × 100 = 6 %.

Cette formule rapide permet de filtrer les annonces. En dessous de 4 % de rentabilité brute, un projet mérite une analyse approfondie avant tout engagement. Elle sert de premier tri, pas de critère de décision.

Sa limite : elle ignore la taxe foncière, les charges de copropriété non récupérables, l'assurance, les frais de gestion et la vacance locative. Deux biens affichant 6 % de rentabilité brute peuvent dégager des rentabilités nettes radicalement différentes.

Rentabilité nette de charges : ce que vous encaissez vraiment

La rentabilité nette de charges soustrait du loyer annuel l'ensemble des charges non récupérables sur le locataire. Formule : (loyer annuel − charges non récupérables) ÷ prix d'achat total × 100.

Les charges à déduire incluent la taxe foncière, les charges de copropriété non imputables au locataire, les frais de gestion (5 à 10 % des loyers selon l'agence), l'assurance propriétaire non occupant (PNO) et une provision pour vacance locative. Selon la localisation et le type de bien, ces charges amputent la rentabilité brute de 1,5 à 3,5 points.

Un bien affichant 6 % de rentabilité brute peut ainsi passer à 3,5 % net. Cette rentabilité nette donne une image plus fidèle du cash-flow annuel réel. C'est elle qui doit guider la comparaison entre plusieurs projets.

Rentabilité nette-nette : l'impact de la fiscalité et des dispositifs

La rentabilité nette-nette intègre l'impôt sur le revenu (et les prélèvements sociaux) après application du régime fiscal choisi : micro-foncier, régime réel ou dispositif de défiscalisation comme le Pinel.

Pour un investissement de 300 000 € en Pinel, la réduction d'impôt atteint 2 % par an pendant 9 ans, soit 6 000 € annuels (service-public.gouv.fr). Cette économie d'impôt vient améliorer directement la rentabilité nette-nette. Dans un scénario où le bien génère un cash-flow avant impôt de 4 500 €, l'ajout de la réduction Pinel porte le gain net annuel à 10 500 €.

Le régime réel permet quant à lui de déduire les intérêts d'emprunt et l'amortissement du bien (en LMNP notamment), réduisant le revenu imposable. Le choix du statut fiscal constitue un levier déterminant sur la rentabilité nette-nette, parfois plus que la négociation du prix d'achat.

Seuil de rentabilité : le concept clé souvent ignoré des investisseurs

Le seuil de rentabilité désigne le point à partir duquel les revenus d'un projet couvrent exactement l'ensemble des charges : sans perte ni bénéfice. Ce concept, issu de la comptabilité d'entreprise et formalisé sur le portail entreprendre.service-public.gouv.fr, s'adapte directement à l'immobilier locatif.

Dans le cadre officiel, la méthode consiste à répartir les charges en deux catégories : les charges fixes (indépendantes de l'occupation du bien) et les charges variables (liées à l'exploitation locative). Cette distinction, rarement appliquée avec rigueur par les investisseurs particuliers, permet pourtant de déterminer le nombre de mois de loyers nécessaires pour absorber les coûts fixes annuels : et donc de mesurer la résilience du projet face à la vacance ou aux impayés.

Charges fixes et charges variables : répartir correctement

Les charges fixes englobent tous les coûts qui courent même en l'absence de locataire : taxe foncière, intérêts d'emprunt, assurance PNO, charges de copropriété non récupérables. Elles ne varient pas avec le taux d'occupation.

Les charges variables, elles, dépendent de l'exploitation locative : frais de gestion, provision pour travaux d'entretien courant, vacance locative estimée.

Cette ventilation est essentielle. Un bien avec des charges fixes élevées (forte taxe foncière, copropriété onéreuse) devient vulnérable dès que la vacance s'installe. À l'inverse, un bien aux charges fixes modestes peut traverser plusieurs mois sans locataire avant d'atteindre son seuil critique. La méthode officielle issue d'entreprendre.service-public.gouv.fr insiste sur cette répartition préalable avant tout calcul de seuil.

Comment calculer son seuil de rentabilité locative pas à pas

Pour calculer le seuil de rentabilité locative, quatre étapes :

  1. Identifier le loyer annuel théorique en cas de pleine occupation.

  2. Lister et additionner les charges fixes annuelles (taxe foncière, intérêts d'emprunt, assurance, copropriété non récupérable).

  3. Déterminer la marge par mois de location : loyer mensuel moins charges variables mensualisées (frais de gestion, provision travaux).

  4. Diviser les charges fixes annuelles par la marge mensuelle : le résultat donne le nombre de mois de location nécessaires pour atteindre l'équilibre.

Un exemple concret : charges fixes annuelles de 4 800 €, loyer mensuel de 1 000 €, charges variables de 200 € par mois. La marge mensuelle est de 800 €. Le seuil de rentabilité = 4 800 ÷ 800 = 6 mois de location. En dessous de 6 mois d'occupation dans l'année, le projet génère une perte. Ce calcul simple transforme l'analyse du risque locatif en donnée chiffrée.

Cas pratique chiffré : calculer la rentabilité d'un appartement à 300 000 €

Prenons un cas concret pour illustrer les trois niveaux de rentabilité sur un même projet, avec et sans dispositif fiscal. Ce scénario repose sur les données fournies par service-public.gouv.fr pour un investissement de 300 000 € en loi Pinel, complété d'hypothèses prudentes de marché pour les loyers et charges.

L'objectif est de montrer comment la rentabilité évolue à chaque étape du calcul et comment la réduction d'impôt modifie le résultat final. Tous les chiffres sont présentés comme des hypothèses de travail, non comme des projections garanties.

Données du scénario et hypothèses retenues

Voici les paramètres retenus pour la simulation :

  • Prix d'achat total (bien + frais de notaire + travaux éventuels) : 300 000 €.
  • Loyer mensuel hypothétique : 1 100 €, soit 13 200 € annuels, cohérent avec les plafonds Pinel en zone B1.
  • Charges non récupérables annuelles : taxe foncière 1 200 €, charges de copropriété non récupérables 800 €, assurance PNO 200 €, frais de gestion 7 % des loyers = 924 €, provision vacance (1 mois) 1 100 €. Total : 4 224 €.
  • Réduction d'impôt Pinel : 2 % par an pendant 9 ans, soit 6 000 € par an (service-public.gouv.fr).
  • Régime fiscal supposé : micro-foncier (abattement forfaitaire de 30 % sur les loyers).

⚠️ Attention : ce scénario est une illustration pédagogique. Les loyers, charges et taux d'imposition varient selon la situation personnelle, la zone géographique et l'évolution du marché.

Du brut au nette-nette : tableau de synthèse

Voici le détail des trois niveaux de rentabilité calculés sur ce projet :

  • Rentabilité brute : (13 200 ÷ 300 000) × 100 = 4,40 %. C'est le chiffre qu'afficheraient la plupart des annonces et simulateurs simplifiés.

  • Rentabilité nette de charges : (13 200 − 4 224) ÷ 300 000 × 100 = 2,99 %. La réalité avant impôt est déjà sensiblement inférieure à la lecture brute.

  • Rentabilité nette-nette sans Pinel : en micro-foncier, le revenu imposable est de 13 200 × 70 % = 9 240 €. Pour un investisseur en tranche marginale à 30 %, l'impôt sur les loyers s'élève à 2 772 €, auxquels s'ajoutent 1 589 € de prélèvements sociaux (17,2 %). Gain net après impôt : 13 200 − 4 224 − 4 361 = 4 615 €, soit une rentabilité nette-nette de 1,54 %.

  • Rentabilité nette-nette avec Pinel : la réduction d'impôt de 6 000 € efface l'impôt sur le revenu (2 772 €) et laisse un solde de 3 228 € venant réduire l'impact des prélèvements sociaux. Gain net après impôt : 4 615 € + 2 772 € (impôt annulé par Pinel) + 3 228 € (solde Pinel) = 10 615 €. Soit une rentabilité nette-nette de 3,54 %.

Le dispositif Pinel fait passer la rentabilité nette-nette de 1,54 % à 3,54 % dans ce scénario. L'écart illustre le poids de la fiscalité et la puissance des dispositifs de réduction quand ils sont correctement calibrés.

Ce cas pratique illustre bien les enjeux de la rentabilité d'un investissement immobilier en 2026, notamment avec l'impact des dispositifs fiscaux.

L'erreur courante qui fausse votre calcul de rentabilité

Le piège le plus fréquent, chez les primo-investisseurs comme chez les plus aguerris, consiste à confondre la rentabilité brute affichée dans une annonce avec la rentabilité réelle après charges. Cette confusion conduit à surestimer le rendement de 2 à 4 points, parfois plus.

Une annonce mentionnant « rentabilité 7 % » ne dit rien des charges qui grèveront le résultat final. Dans les faits, un bien à 7 % brut peut parfaitement tomber à 3 % nette-nette une fois intégrés la taxe foncière, la vacance, les travaux et la fiscalité. L'écart n'est pas un détail technique : il transforme un investissement apparemment attractif en projet déficitaire. Pour maîtriser ces calculs, notre article sur le taux de rentabilité immobilier détaille chaque étape.

Les charges oubliées qui rongent la rentabilité

Plusieurs postes de charges échappent systématiquement aux calculs rapides :

  • La taxe foncière : elle varie du simple au triple selon les communes et peut représenter l'équivalent d'un à deux mois de loyer. Un propriétaire parisien paie en moyenne 700 € par an, un propriétaire marseillais peut dépasser 1 500 € pour un bien équivalent.

  • La vacance locative : entre deux locataires, un bien reste vide 1 à 3 mois en moyenne selon la tension du marché local. Ce manque à gagner doit être provisionné, pas subi.

  • Les travaux et l'entretien : ravalement, chaudière, copropriété. Une provision de 0,5 % à 1 % de la valeur du bien par an constitue une estimation prudente.

  • Les frais de gestion : une agence prélève 5 % à 10 % des loyers. Même en gestion directe, le temps consacré a un coût d'opportunité.

Ces quatre postes cumulés rognent la rentabilité brute bien plus que ne le laisse supposer un rapide calcul de coin de table.

Comment corriger son estimation avant d'acheter

Avant de signer un compromis, bâtissez un tableau prévisionnel exhaustif :

  • Relevez la taxe foncière réelle du bien auprès du vendeur ou sur le site des impôts (l'avis de taxe foncière est public).
  • Estimez la vacance locative en interrogeant les agences locales sur le délai moyen de relocation dans le quartier.
  • Demandez les trois derniers procès-verbaux d'assemblée générale de copropriété pour identifier les travaux votés et les charges courantes.
  • Calculez systématiquement la rentabilité nette, puis la nette-nette avec votre taux marginal d'imposition, avant de comparer les projets entre eux.

💡 À noter : un écart supérieur à 3 points entre la rentabilité brute et la rentabilité nette-nette doit alerter. Soit les charges sont anormalement élevées, soit le prix d'achat est surévalué par rapport au loyer potentiel.

Rentabilité et dispositifs fiscaux : ce que dit la réglementation

Les dispositifs fiscaux modifient substantiellement la rentabilité nette-nette. La loi Pinel, le statut LMNP ou le régime réel d'imposition constituent des leviers que les investisseurs avertis actionnent pour optimiser leur rendement après impôt.

Le paysage réglementaire évolue. Le Décret n° 2026-241 du 1er avril 2026 (legifrance.gouv.fr) illustre un mouvement de fond vers un contrôle plus étroit des dispositifs d'investissement bénéficiant d'un avantage fiscal. Si ce décret ne modifie pas directement les paramètres du Pinel, il témoigne d'une vigilance accrue des pouvoirs publics sur les schémas de défiscalisation : un signal à intégrer dans toute stratégie d'investissement.

Le dispositif Pinel et son effet sur la rentabilité nette-nette

Le dispositif Pinel permet une réduction d'impôt calculée sur le prix d'achat du bien : 2 % par an pendant 9 ans pour un engagement de location de 6 ou 9 ans, taux porté à 2 % sur 12 ans en cas d'engagement long (service-public.gouv.fr).

Pour un investissement de 300 000 €, la réduction annuelle s'établit à 6 000 €, soit 54 000 € cumulés sur 9 ans. Ce gain vient directement réduire le montant d'impôt sur le revenu dû, sans passer par une déduction du revenu imposable.

Ce mécanisme améliore mécaniquement la rentabilité nette-nette. Dans le cas pratique développé précédemment, il fait passer le taux de 1,54 % à 3,54 %. Trois conditions encadrent le dispositif : plafonds de loyer par zone, plafonds de ressources du locataire et engagement de location minimal. Le non-respect d'un seul critère entraîne la reprise de l'avantage fiscal.

Vigilance sur les évolutions réglementaires récentes

Le statut de Loueur Meublé Non Professionnel (LMNP) offre une alternative au Pinel. Il permet l'amortissement comptable du bien, qui réduit le revenu imposable sans contrepartie de trésorerie. Sur un bien de 200 000 €, l'amortissement peut générer une économie d'impôt substantielle sur 20 à 30 ans.

Le Décret n° 2026-241 du 1er avril 2026, bien que sectoriel, signale une tendance : l'État resserre le contrôle des dispositifs fiscaux dérogatoires. Les investisseurs doivent anticiper une possible évolution des régimes Pinel et LMNP dans les prochaines lois de finances.

📌 Important : le dispositif Pinel prend fin au 31 décembre 2024 pour les engagements initiaux dans sa forme actuelle. Vérifiez le statut exact du dispositif à la date de votre projet sur service-public.gouv.fr.

Comment utiliser la rentabilité pour prendre une décision d'investissement

La rentabilité chiffrée n'est pas une fin en soi. Elle constitue un filtre de sélection, un outil de comparaison et un garde-fou contre les décisions émotionnelles. Utilisée seule, elle peut orienter vers un bien à fort rendement mais faible potentiel de valorisation, ou vers une zone où la vacance locative structurelle annule l'avantage de taux.

Une fois les trois niveaux de rentabilité calculés, deux questions doivent guider la décision : ce taux est-il cohérent avec la zone géographique et le type de bien ? Comment évolue-t-il dans différents scénarios : hausse des charges, vacance prolongée, évolution des loyers ? Pour aller plus loin, consultez nos conseils pour investir en immobilier.

Par exemple, la rentabilité locative à Bordeaux en 2026 se situe entre 3,8 % et 5 % brut, ce qui nécessite une analyse approfondie pour chaque projet.

Comparer deux projets grâce à la rentabilité

Comparer deux projets uniquement sur la rentabilité brute expose à des erreurs d'arbitrage. Un bien A à 7 % brut dans une commune à forte taxe foncière peut afficher une rentabilité nette-nette inférieure à un bien B à 5 % brut situé dans une zone à fiscalité modérée.

La comparaison doit porter sur la rentabilité nette-nette, calculée avec les mêmes hypothèses de charges, de vacance et de taux d'imposition. Deux éléments à systématiquement aligner :

  • La période d'analyse (annuelle, sur la durée de détention prévue).
  • Les hypothèses de financement (avec ou sans emprunt, à taux fixe ou variable).

La rentabilité nette-nette ramenée à l'apport personnel (rentabilité des capitaux propres) constitue le ratio ultime de comparaison, surtout en présence d'un crédit.

Quand la rentabilité ne doit pas être le seul critère

La rentabilité ignore plusieurs dimensions déterminantes :

  • La liquidité : un bien très rentable mais impossible à revendre rapidement bloque le capital. La durée moyenne de revente varie de 2 à 18 mois selon les zones.
  • Le risque locatif : un taux de vacance structurel de 15 % dans une commune en déclin démographique rend caduc le calcul de rentabilité.
  • Le potentiel de plus-value : un bien à faible rendement locatif situé dans une zone en forte appréciation peut dégager une rentabilité globale (TRI) supérieure à un bien à haut rendement.
  • La qualité du bâti : un bien ancien non rénové génère des charges d'entretien qui explosent après quelques années.

La rentabilité reste le premier indicateur à calculer. Elle ne doit jamais être le seul. L'investisseur croise ce chiffre avec l'analyse du marché local, la qualité du bien et sa stratégie patrimoniale globale. Un projet équilibré associe rendement locatif satisfaisant, risque maîtrisé et cohérence avec les objectifs de long terme. Notre guide pour réussir un investissement locatif rentable développe cette approche multicritères.

Points clés

  • La rentabilité brute donne une première lecture, mais ne suffit jamais à évaluer un projet locatif : elle ignore les charges et la fiscalité.
  • La rentabilité nette-nette reflète ce que l'investisseur conserve après déduction de toutes les charges et de l'impôt.
  • Le seuil de rentabilité, issu du cadre officiel entreprendre.service-public.gouv.fr, détermine le point d'équilibre entre charges et revenus.
  • Le dispositif Pinel permet une réduction d'impôt de 2 % par an sur 9 ans, soit 6 000 € annuels pour un investissement de 300 000 € (service-public.gouv.fr).
  • Confondre rentabilité brute et rentabilité réelle est l'erreur la plus courante : les charges oubliées peuvent effacer plusieurs points de rendement.

Sources

Fiche pratique

Calcul de la rentabilité brute(Loyer mensuel × 12) ÷ Prix d'achat total × 100
Calcul de la rentabilité nette(Loyer annuel − charges non récupérables) ÷ Prix d'achat total × 100
Calcul de la rentabilité nette-nette(Loyer annuel − charges − impôt) ÷ Prix d'achat total × 100
Réduction Pinel2 % par an sur 9 ans du prix d'achat (service-public.gouv.fr)
Seuil de rentabilitéPoint où les revenus couvrent l'ensemble des charges fixes et variables (entreprendre.service-public.gouv.fr)
Décret n° 2026-2411er avril 2026 : contrôle étatique renforcé sur la société d'économie mixte (legifrance.gouv.fr)

Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas l'avis d'un conseiller financier. Étudiez votre situation avec un professionnel agréé avant de vous engager.

Questions-réponses

Comment définir la rentabilité d'un investissement immobilier ?

La rentabilité immobilière est le rapport, exprimé en pourcentage, entre les revenus générés par un bien (loyers) et le capital investi (prix d'achat + frais). Elle se mesure toujours sur une période donnée, généralement annuelle. On distingue trois niveaux : brute (loyers / prix d'achat), nette de charges (après déduction des charges non récupérables) et nette-nette (après imposition).

Quelle est la différence entre rentabilité brute et rentabilité nette ?

La rentabilité brute se calcule en divisant le loyer annuel par le prix d'achat du bien. La rentabilité nette soustrait de ce loyer l'ensemble des charges non récupérables : taxe foncière, frais de gestion, charges de copropriété non imputables au locataire, vacance locative et travaux. L'écart entre les deux taux peut atteindre 2 à 4 points selon les caractéristiques du bien et de la copropriété.

Comment calculer le seuil de rentabilité d'un bien locatif ?

Le seuil de rentabilité correspond au point où les revenus locatifs couvrent exactement toutes les charges, sans générer ni perte ni bénéfice. Selon la méthodologie officielle (entreprendre.service-public.gouv.fr), il faut répartir les charges en fixes (taxe foncière, assurance, intérêts d'emprunt) et variables (travaux, vacance), puis déterminer le nombre de mois de loyers nécessaires pour les absorber.

Quel taux de rentabilité viser pour un investissement locatif ?

Un taux de rentabilité brute de 5 à 8 % constitue un repère courant en France métropolitaine, avec des disparités fortes selon les zones géographiques. En zone tendue, une rentabilité brute de 3 à 5 % peut s'accompagner d'une meilleure sécurité locative et d'un potentiel de plus-value. Le taux pertinent reste la rentabilité nette-nette, qui reflète ce que l'investisseur conserve après toutes les charges et l'impôt.

Comment la loi Pinel améliore-t-elle la rentabilité nette-nette ?

Le dispositif Pinel permet une réduction d'impôt de 2 % par an sur 9 ans du prix d'achat du bien (service-public.gouv.fr). Pour un investissement de 300 000 €, cela représente 6 000 € annuels venant en déduction directe de l'impôt sur le revenu. Ce gain fiscal améliore mécaniquement la rentabilité nette-nette, à condition de respecter les plafonds de loyers et de ressources du locataire imposés par le dispositif.

Quelles charges faut-il déduire pour obtenir la rentabilité nette ?

Pour obtenir la rentabilité nette, il faut déduire du loyer annuel : la taxe foncière, les charges de copropriété non récupérables sur le locataire, les frais de gestion locative, l'assurance propriétaire non occupant (PNO), la vacance locative estimée et une provision pour travaux. Les intérêts d'emprunt se déduisent au stade de la rentabilité nette-nette, via le régime fiscal applicable.